Lost in the middle of Norway — Eidsvoll

Ce billet est la partie 1 sur 3 de la série Lost in the middle of Norway

Je reviens d’un voyage d’une semaine en Norvège avec mon frère et sa petite-amie, l’occasion pour moi de reprendre le cours de ce blog laissé — je le reconnais et m’en excuse — trop longtemps à l’abandon.

Je ne suis jamais très à l’aise en avion, toujours un peu peur que quelque chose se passe mal, surtout lors du décollage et de l’atterrissage. Toutefois, je ne parviens pas à décrocher mon regard du hublot. Nous arrivons bientôt en Norvège, à l’aéroport de Rygge, situé à quelques 70km au Sud d’Oslo. Ce pays est tout simplement magnifique. Des forêts à perte de vue se mêlent aux fjords jusqu’à former des dégradés de verts et de bleus. Il n’y a pas de mot pour décrire cette indescriptible beauté, qui ne pourrait guère être comparée à ma petite Belgique surpeuplée.

Nous arrivons donc à l’aéroport, et après avoir récupéré notre bagage — un énorme sac à dos de randonnée qu’Alexis devra porter tout le séjour durant —, nous nous rendons compte que nous avons manqué de peu la navette vers la gare de Rygge. Nous nous résignons donc à faire le trajet à pied, en espérant que le contrôleur de train ne sera pas trop regardant quant à l’heure indiquée sur nos billets. Après quelques kilomètres, nous parvenons à une petite gare sans prétention aucune, baignée dans un couché de soleil rougeoyant. Le ciel s’est enflammé. Il est déjà 23h et le soleil n’a pas sommeil.

Couché de soleil sur la gare de Rygge

Couché de soleil sur la gare de Rygge

Nous traversons en vitesse la gare d’Oslo pour prendre notre correspondance pour Eidsvoll, un peu plus au Nord. Il est presque minuit, et nous n’avons eu aucun problème avec les contrôleurs qui se montrent très compréhensifs et aimables. Mais laissez-moi vous décrire un instant les trains. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont classes, et ils nous font instantanément oublier leur prix assez élevé. Pour tout dire, l’on s’était cru en première classe en entrant ! Les sièges sont spacieux et confortables, un peu comme dans les TGVs. Le wifi est disponible gratuitement, et le train possède même un wagon restaurant et des machines à café !

Arrivés à Eidsvoll, nous déambulons ça et là à la recherche d’un emplacement pour planter notre tente. Après une pénible montée, comme il y en aura beaucoup durant ce périple, nous trouvons un petit coin paisible sur le bord d’un cimetière. Ce soir, nous nous endormirons aux côtés de ceux qui ne se réveilleront plus.

Le cimetière d'Eidsvoll

Le cimetière d'Eidsvoll

Le cimetière d’Eidsvoll

Aujourd’hui, c’est dimanche. Nous partons en quête d’un petit déjeuner, mais nous étions loin d’imaginer que rien ne serait ouvert avant midi ! Qu’importe. Nous décidons d’aller visiter le musée d’Eidsvoll sur la Constitution de 1814. C’est en effet dans cette petite ville qu’a été rédigée la Constitution Norvégienne.

Vue sur la gare d'Eidsvoll

Vue sur la gare d’Eidsvoll

Mais revenons deux cents ans en arrière. Octobre 1813 : Napoléon perd la bataille de Leipzig, en Allemagne, ce qui le conduira à l’île d’Elbe. Celui-ci désirait voir la Norvège — et le Danemark, ces deux pays n’en formant qu’un alors — combattre à ses côtés, car cette dernière possédait une flotte capable de rivaliser avec celle de l’Angleterre. Mais elle refusa, se déclarant neutre dans cette guerre. Cela ne plut pas à l’Angleterre qui décida d’attaquer Copenhague à plusieurs reprises, forçant une alliance entre le Danemark-Norvège et la France.

La défaite de Napoléon entraîna celle du Danemark-Norvège. La Suède, qui se trouvait dans le camp des vainqueurs,  demanda l’annexion de la Norvège.  Venant d’Allemagne, les troupes Suédoises marchèrent vers le Danemark, où elles forcèrent le roi à abdiquer en janvier 1814 et à céder la majeure partie de ses terres, dont la Norvège.

Mais avant que l’armée de Suède n’arrive en Norvège, cette dernière décida de rédiger sa constitution pour ensuite déclarer son indépendance le 17 mai 1814. Durant cinq semaines, 112 personnes élues par le peuple se réunirent dans la plus grande maison du pays — pas plus grande qu’une villa, en fait. Ces gens n’étaient rien d’autre que des fermiers et des paysans venus de tous le pays. Il faut savoir que la Norvège était alors l’un des pays les plus pauvres d’Europe. Pourtant, la manière dont cette constitution fut créée en fit une des plus modernes de l’époque, incluant par exemple la liberté d’expression.

Deux mois plus tard, les troupes de Suède arrivèrent en Norvège et forcèrent une union personnelle entre les deux pays. Cette union permit à la Norvège de garder sa propre constitution et son parlement, tout en étant gouvernée par un roi Suédois.

Après cette bonne introduction sur l’histoire du pays, nous reprenons la route vers Lillehammer. Mais cela fera l’objet d’un autre billet. D’ici là, je vous laisse avec quelques photos d’Eidsvoll.

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