Petit chalet typiquement norvégien

Lost in the middle of Norway — Dombås

Ce billet est la partie 3 sur 3 de la série Lost in the middle of Norway

Attention, vous êtes sur le point de lire le troisième article de ma série sur la Norvège. Je vous invite à découvrir les premier et deuxième articles sur ce blog.

Nous poursuivons notre parcours initiatique au pays de Norvège. Depuis notre siège dans le bus qui nous emmène vers le petit village qu’est Otta, nous apercevons déjà au loin les montagnes enneigées. Qu’elle est belle, la neige de Norvège !

Mais nous ne faisons que nous arrêter à Otta, le temps pour nous de manger quelque chose avant de reprendre le train pour Dombås. Nous aurions aimé tenter l’auto-stop, mais la plupart des gens que nous avons rencontrés jusqu’à présent nous l’ont fortement déconseillé. Il semblerait que ce ne soit vraiment pas habituel en Norvège, et l’on risquerait d’attendre fort longtemps avant de tomber sur quelqu’un qui voudrait bien nous emmener vers le Nord.

Ce qu’il faut savoir d’Otta est qu’elle est située à proximité d’une réserve naturelle, la Rondane, qui est également le plus vieux parc national de Norvège. La Rondane est constituée de nombreux pics, certains dépassant les 2000 mètres. Nous aurions bien aimé y faire quelques randonnées, mais, hélas, le temps nous manque.

Nous sommes au soir du deuxième jour de notre voyage, et nous arrivons finalement à Dombås, à quelques 400km de notre point de départ. En sortant de la gare, nous repérons très vite une colline chatoyante, et décidons de l’explorer en vue d’y planter nos tentes. L’ascension n’est pas aisée — toujours cette sombre histoire d’attraction terrestre —, mais elle en valait le coup. Nous avons droit à une vue splendide, faisant face à des montagnes recouvertes d’une neige pourpre. Derrière nous, le soleil tente péniblement de se coucher, non sans protester1.

Vue sur Dombås depuis une colline chatoyante

Vue sur Dombås depuis une colline chatoyante.

Notre campement installé, nous décidons d’effectuer une petite promenade autour de notre sympathique colline. Par hasard, nous tombons sur des panneaux qui nous expliquent que Dombås fut le lieu d’un tragique évènement. L’histoire se passe en avril 1940, au début de la Seconde Guerre Mondiale et en pleine Campagne de Norvège. La Norvège représente alors un lieu stratégique tant pour les Alliés que pour les Allemands, car le contrôle du pays par ces derniers permettrait d’échapper au blocus britannique, et permettrait également d’éviter une seconde guerre de tranchées.

Afin d’empêcher l’arrivée de nouvelles troupes Alliées, l’Allemagne désire faire sauter la ligne de chemin de fer à Dombås, afin d’empêcher toute communication vers la Suède. La ville est en effet située à un croisement stratégique entre les deux pays. Passé ce point, les voyageurs n’ont plus tant de choix : ils peuvent se rendre à Trondheim (et de là, rejoindre la Suède), à Oslo ou bien se diriger vers Andålsnes, située sur la côte norvégienne, à l’Ouest.

Pour ce faire, ils envoient des parachutistes sur Dombås. Ce sera la première fois de l’Histoire que des parachutistes seront utilisés lors d’une guerre. Cependant, suite à de mauvaises conditions météorologiques, les Allemands tombent au beau milieu d’un bataillon norvégien en route vers Trondheim dans le but de récupérer la ville aux Allemands. Cette première offensive est une écrasante défaite pour les Allemands, dont la plupart sont descendus en vol ou faits prisonnier. Le reste étant dispersé dans les environs. Toutefois, ils parviennent à couper les lignes téléphoniques et à bloquer la route principale. Le lendemain, les Allemands réussissent finalement leur mission en coupant la ligne de chemin de fer… qui est aussitôt réparée par les Norvégiens et opérationnelle dès le lendemain.

Anecdote amusante, au moment de l’attaque, le roi Haakon VII de Norvège se trouvait à Dovre, à 30min à peine de là. Suite à l’invasion d’Oslo au 9 avril par les nazis, la famille royale faisait route pour Molde, au Nord-Ouest, pour embarquer sur le HMS Glasgow et s’exiler en Angleterre. Il faut savoir que le roi avait refusé d’abdiquer et appelé à la résistance (contrairement au Danemark, par exemple) et fut une source d’inspiration et de motivation pour les Norvégiens durant le restant de la guerre.

Petit chalet typiquement norvégien

Interlude : Petit chalet typiquement norvégien

Après cette petite promenade culturelle, nous nous dépêchons de manger des pâtes, car il se fait tard, et une légère pluie se fait sentir. Il commence à faire plutôt frisquet, et nous décidons donc d’allumer un modeste feu de camp avant d’aller dormir. Autant vous dire que la nuit fut l’une des plus froides du séjour ! Mes orteils s’en souviennent.

Couché de soleil sur Dombås

Couché de soleil sur Dombås

Le lendemain matin, nous décidons — malgré les nombreux avertissements — de faire de l’auto-stop. Nous restons assez confiants puisque Dombås est un lieu de passage incontournable pour celui qui, comme nous, aimerait se rendre à Trondheim.

Après une bonne heure à attendre au soleil, le pouce levé, nous croisons finalement la route d’un Espagnol. Celui-ci nous explique qu’il ne peut pas nous conduire jusqu’à notre destination, mais il peut nous déposer 50km plus au Nord. Comme on sera « lost in the middle of Norway »2, il y aura forcément quelqu’un pour nous prendre. Les gens sont plus compréhensifs quand vous semblez complètement perdus.

En effet, environ trente secondes après que notre conducteur espagnol nous ait déposé, voilà qu’un sympathique norvégien s’arrête pour nous prendre ! Ça tombe bien, il faisait nettement plus froid. Heureusement, l’ambiance dans la voiture est très chaleureuse, et nous discutons de nos pays respectifs. Nous atteignons finalement Oppdal, sans parvenir à y trouver un troisième conducteur. Nous décidons alors de prendre le bus pour Trondheim, et nous arrivons à destination dans la soirée, avec un jour d’avance !3

J’aurai le plaisir de vous raconter notre séjour à Trondheim dans un prochain billet.

Series Navigation<< Lost in the middle of Norway — Lillehammer

  1. Il s’avéra par la suite que les-dites protestations étaient celles de mon frère qui tentait de monter les tentes, mais je laisse ce genre de détail aux pointilleux. 

  2. Voilà, maintenant vous savez d’où vient le titre ! Je ne sais pas si le jeu de mot était fait exprès ou pas, mais j’ai tout de suite trouvé l’expression intéressante ^^ 

  3. Encore un peu et on se croirait dans une nouvelle de Jules Verne, dites-donc. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *